Un salarié pose deux semaines en juillet. Combien lui retirez-vous de son solde ? Si votre réponse est 14, votre compteur est faux — et un compteur de congés faux se conteste aux prud'hommes.
La règle légale : jours ouvrables
Le code du travail compte les congés payés en jours ouvrables : tous les jours de la semaine sauf le jour de repos hebdomadaire (le dimanche, le plus souvent) et les jours fériés chômés. Le samedi est donc un jour ouvrable, même si personne ne travaille ce jour-là dans l'entreprise.
D'où les 30 jours ouvrables de congés annuels — soit cinq semaines, et non six.
Deux semaines de vacances, du lundi au vendredi de la semaine suivante, retirent 10 jours ouvrables. Pas 14.
Jours ouvrés : l'autre décompte, tout aussi légal
Beaucoup d'entreprises comptent en jours ouvrés — les jours effectivement travaillés, donc cinq par semaine. Le droit l'autorise, à une condition : le résultat ne doit jamais être moins favorable au salarié.
| Décompte | Droit annuel | Deux semaines de vacances |
|---|---|---|
| Jours ouvrables | 30 jours | 12 jours décomptés |
| Jours ouvrés | 25 jours | 10 jours décomptés |
Les deux aboutissent aux mêmes cinq semaines. Ce qui change, c'est l'unité — et mélanger les deux est l'erreur la plus courante.
L'erreur qui coûte cher
Le piège n'est pas de choisir le mauvais décompte : c'est d'en appliquer un pour l'acquisition et l'autre pour la prise. Un salarié qui acquiert 2,5 jours ouvrables par mois et à qui l'on décompte des jours calendaires perd des congés tous les mois, sans que personne le voie — ni lui, ni vous.
Un autre piège, plus discret : compter le samedi et le dimanche d'un salarié parti le vendredi soir. Si votre outil retire des jours calendaires, deux semaines lui coûtent 14 jours au lieu de 10. Sur une carrière, l'écart se chiffre en semaines.
Période de référence : le 1er juin, pas le 1er janvier
Sauf accord contraire, la période d'acquisition court du 1er juin au 31 mai. On acquiert sur une période et l'on prend sur la suivante.
C'est ce décalage qui rend les compteurs difficiles à lire : en juin, le solde paraît généreux parce qu'il porte encore le reliquat ; en mai, il paraît négatif alors que le total annuel est juste. Un compteur qui mélange les deux périodes semble faux sans l'être — et se conteste tout aussi bien.
Ce que Tracky applique
Le décompte se règle par marque, parce qu'une convention collective peut être plus favorable que la loi et qu'aucune règle n'est écrite en dur. Le compteur sépare ce qui est acquis de ce qui est disponible, affiche la période de référence, et explique chaque ligne du décompte.
Les jours fériés sont calculés chaque année plutôt que stockés — une table qu'il faut alimenter à la main se décompte faux l'année où personne ne le fait. L'Alsace-Moselle a ses treize jours, et vous déclarez ceux que vous travaillez malgré tout.